Projection des extraits du films "Ya basta", de Thierry Zéno (20 minutes environ), suivi d'un exposé de Néstor Ponce autour des origines du mouvement zapatiste, de ses répercusions dans la presse en janvier 2004, puis de l'évolution du mouvement. Une table ronde permettra ensuite de replacer le phénomène de l'EZLN dans l'histoire du mouvement indigène de l'Amérique hispanique et d'analyser son évolution.
La reconnaissance des identités et des acteurs « ethniques » sur la scène politique et culturelle mondiale, et la confrontation du mouvement « afrodescendant » aux Etats-Unis et en Amérique latine.
Approche comparée de deux modes nationaux et régionaux de revendications ethniques :
Les communautés mexicaines installées du côté mexicain de la frontière, dans les colonias, photographiées par Patrick Bard (El Norte), représentent une des réalités d’une frontière économique entre la première puissance mondiale et un pays émergent, dépendant de son puissant voisin, avec lequel il a contracté un « mariage de raison » (Sidney Weintraub), tout en entretenant une « relation tumultueuse » (Isabelle Vagnoux). Les préoccupations de ces ouvriers mexicains sont très éloignées de celles des Départements d’études chicanos animés par des universitaires mexcicano-américains qui tentent de construire une identité fondée sur un passé précolombien idéalisé, le métissage fondateur né de la conquête espagnole, et la refondation nationale à travers la révolution de 1910 qui fournit au Mexique ses icônes, dont Zapata. Les fresques murales que l’on trouve dans les barrios de San Antonio (TX), de Los Angeles ou d’ailleurs, expriment ce syncrétisme culturel entre une identité mexicaine et un nouveau métissage (« Brown », Richard Rodriguez). Ces fresques photographiées par Annick Tréguer (Murs peints) comme les sculptures de Luis Jimenez, sculpteur chicano, qui utilisent la technique des enseignes lumineuses pour représenter les réalités mexicaines : le vaquero, le wetback, la vierge de Guadalupe, l’aigle aztèque, mêlent les deux influences, comme le font les corridos composés aux Etats-Unis, ou l’importante littérature « ethnique ».
La Mexamérique, espace « sans frontières », est aussi celui des murs (« mur de la tortilla », mur de la ségrégation, mur de l’incompréhension, murs des peurs et des fantasmes : invasion hispanique, reconquista, contre « gringoïsation » du Mexique). S’y mêlent un espace constamment composé et recomposé, des identités construites et reconstruites, des communautés imaginaires (Benedict Anderson), et des communautés ancrées dans le réel.
La thématique identitaire occupe une place centrale dans les littératures des jeunes nations des Amériques. À partir des oeuvres d'auteurs américains et brésiliens, le séminaire s'attachera à discuter certaines stratégies discursives qui font de la littérature une source de projets et de référents identitaires en mettant en avant, entre autres, une réflexion sur la confrontation entre l'oralité et le modèle hiérarchique du langage.
Durant la deuxième moitié du XIXème siècle, une grande majorité des intellectuels brésiliens, contrairement aux argentins et nord-américains, ont refusé l’idée que la présence des Indiens, ainsi que le métissage, ne pouvait avoir pour conséquence que l’anarchie et le déclin des nations en formation. Ils ont évalué les inconvénients mais surtout les aspects positifs du métissage, refusé la ségrégation et développé l’idée d’une société ouverte, fondée sur une démocratie raciale où le rôle de chaque citoyen reposerait sur ses mérites propres plutôt que sur son origine ethnique et raciale. Ce concept de "démocratie raciale", devenu idéologie officielle à l’époque de Getúlio Vargas, après 1930, a été renforcé par la théorie de Gilberto Freyre, le "lusotropicalisme", qui développait l’idée d’une civilisation originale, fruit d’une colonisation portugaise ouverte, fondée sur le métissage des races et des cultures. Ces questions sont au centre du débat sur l’identité brésilienne, et seront abordées avec le souci de dégager ce qui relève de la réalité et ce qui relève du mythe.
La question du métissage dans le Canada francophone : Volkswagen blues de Jacques Poulin (Québec) et Le Soleil du lac qui se couche de René Léveillé (Manitoba). A partir de ces deux romans, Marc Gontard présentera l'évolution de la problématique identitaire chez les francophones canadiens, du métissage "entropique" au métissage "créolisant".
La science-fiction en Amérique du Nord (USA, Canada, Québec) : difficultés et ruses définitoires des identités linguistiques, littéraires et génériques. Par Irène Langlet